Accueil  
écrivain-médecin
 
 
 

L'enfant végétarien

Dr Franck Senninger, éditions Jouvence, 2003

Résumé
La suppression systématique d’un aliment ou d’une catégorie d’aliments ne constitue pas un acte anodin. Que convient-il de faire alors lorsqu'on est adepte du végétarisme ?

Comprendre et intégrer les principes de base d’une alimentation équilibrée constitue le préalable pour adopter ce type de régime.

Avantages du végétarisme

Les végétaux apportent beaucoup de micronutriments y compris le calcium. Contrairement aux idées reçues, ce dernier est du reste mieux absorbé dans les légumes que dans les laitages. En effet, les laitages sont souvent associés à des graisses (acides gras libres) qui forment des savons avec le calcium. Du fait de sa séquestration par ces acides gras, le calcium ne peut pas être absorbé correctement.

En outre les graisses animales sont souvent associées à des acides gras dits "saturés" néfastes pour le système cardiovasculaire.

Inconvénients du végétarisme chez l'enfant

L'alimentation exclusivement végétarienne peut, s'il est mal conduit, entraîner un certain nombre de carences

  • En fer, car le fer absorbable est lié à l'hémoglobine (on parle alors de fer héminique) une protéine qui se trouve exclusivement dans le monde animal.
  • En vitamine D, car cette vitamine existe sous deux forme l'une synthétisée par la peau en présence de soleil et l'autre apportée principalement par le poisson.
  • En vitamine B12, car cette vitamine est exclusivement apportée par le monde animal. La spiruline renferme une forme de vitamine B12 mais cette dernière ne semble pas assimilable.
  • En EPA et DHA : il s'agit de acides gras de la fameuse famille des oméga-3 contenus dans les poissons gras. Le DHA est un acide gras à 22 atomes de carbone nécessaire à la maturation du cerveau de l'enfant. Les végétaux riches en oméga-3 comme le colza, le soja ou la noix ne renferment que des acides gras oméga-3 à 18 atomes de carbones. Il existe certes un système enzymatique qui permet d'obtenir le même résultat qu'avec le poisson mais le rendement de ce système est faible.

L'alimentation strictement végétarienne chez l'enfant est susceptible de favoriser à terme des désordres du comportement alimentaire comme l'anorexie et la boulimie avec parfois les conséquences dramatiques que l'on connaît.

Le végétarisme seul ne peut être incriminé mais s'agissant d'enfants, il convient :

  1. de mesurer les conséquences possibles lorsqu'on entreprend un régime végétarien ou "amaigrissant" chez l'enfant,
  2. de se souvenir que l'enfant n'est pas un adulte en miniature mais un être à part entière avec son système de pensée et son organisme en maturation.

Haut de page

 

On en parle
  • Je me sens bien
  • Biba avril 2007 : Merci au Dr Franck Senninger, auteur de l'enfant végétarien"
  • Panorama du médecin du 25/09/2003 : "...Un livre pratique et très bien documenté qui aidera les parents, en froid notamment avec la viande, à concevoir des repas sur mesure pour leurs enfants."
  • PrOfil : "...Adressé aux parents d'enfants végétariens, cet opuscule nous concerne tous..."
  • Réponse parents de sept-oct 2003 : "...En abordant le rôle des nutriments, des apports quotidiens recommandés (AQR), des vitamines, des minéraux et autres acides aminés, ce livre donne les clés pour une meilleure alimentation et éviter un mauvais développement physique chez les plus jeunes."
  • Terre & Nature (Suisse) du 31/07/2003 : "...Règle impérative assurer sa croissance (de l'enfant) dans de bonnes conditions, tant au niveau de son squelette que de son cerveau, tout en le préservant des maladies dues à des troubles métaboliques. Derrière la notion d'alimentation se cache celle de la santé..." Nicole Marrama
  • Agenda + de septembre 2003 n150 : "Un guide pratique et très complet pour accompagner les enfants ou les adolescents qui choisissent le chemin du végétarisme... Des indications sur les aliments riches en protéines végétales et des menus pour varier l'alimentation complètent ce précieux tour d'horizon."
  • Femme Actuelle du 27/10/2003 : "...Faire le choix du végétarisme peut donc entraîner des carences chez son enfant. Pour les éviter, ce guide rappelle où trouver les protéines indispensables à la croissance
  • Écho Magazine (Suisse) du 22/04/2004 :  "...Construit en partie sous forme de questions et réponses, ce petit livre propose des pistes pratiques aux parents qui cherchent les clés pour une alimentation équilibrée de leur enfant. Sans oublier la nourriture tendresse..."  
  • SILENCE n309 :  "Si les adultes peuvent assez facilement choisir de devenir végétarien, c'est plus difficile pour un enfant en pleine croissance..."
  • Profil femme (Suisse) du 13/10/2003 : "Voilà un petit abécédaire de l'alimentation végétarienne chez l'enfant, signé du nutritionniste Dr F. Senninger... Cet opuscule nous concerne tous. Il est toujours bon de trouver des petits trucs pour compléter notre alimentation et combler certaines carences. 
  • Objectif et Action Mutualistes n273, novembre 2003 :  "Un beau jour, votre enfant vous annonce qu'il ne veut plus manger de viande. Passé les premiers moments de désarroi, il vous faut réagir positivement..." Suzanne Kestenberg 

Haut de page

Vos commentaires
Commentaire1. 

Cher confrère,

Bravo pour votre livre "l'enfant végétarien" qui m'a beaucoup intéressé.
Néanmoins, j'ai noté que vos points de vue sur le végétarisme chez les enfants différait très notablement de la position officielle de l'association américaine de diététique sur le végétarisme.
Si vous ne connaissez pas, l'association américaine de diététique est une institution médicale qui comporte 70 000 membres et qui est spécialisé dans la recherche sur la diététique.
Pouvez-vous avoir l'amabilité de jeter un oeil à cette position (fichier joint au format PDF) et m'indiquer ce qui peut expliquer de telles divergences ?
Notamment le végétalisme y est présenté comme une alimentation viable chez l'enfant, et présentant même des avantages significatifs sur la santé, alors que votre livre dit le contraire.
Qui a raison et pourquoi ?
Bonne continuation dans vos activités et à bientôt,
Dr B.

Réponse

Cher Confrère,

Je vous remercie de votre couriel. J'ai pris connaissance du fichier joint que vous m'avez adressé et il existe effectivement une divergence sur plusieurs points.
Sur le plan théorique on ne peut contester les chiffres donné par l'article. Cependant dans le régime végétarien il existe un risque de carences en vitamine B12 voir parfois en fer. On peut certes suppléer mais est-il raisonnable de faire la promotion d'une alimentation qui ne se suffit pas.
Je ne partage pas le point de vue de nos confrères américains sur l'absence de carence en fer à l'adolescence. J'ai, ici en France, constaté à de multiples reprises des carences martiales chez des adolescentes "omnivores" et plus encore chez des végétariennes.
Par ailleurs comme vous le savez la maturation de l'os se fait jusqu'à l'âge de 30 ans environ et si le régime est mal compris, une ostéoporose au moment de la ménopause peut être envisagée. L'article ne fait pas mention d'une étude à 30 ans après un régime dans l'adolescence.
Enfin, pour traiter un grand nombre de troubles de comportement alimentaires (notamment anorexie) je reste circonspect sur une modification trop marquée de l'alimentation surtout à l'adolescence.
Tout cela se discute, je ne prétends pas détenir la vérité, d'autant que la vérité d'hier n'est pas celle d'aujourd'hui ni celle de demain.
Je me méfie des études quelque soit le pays d'origine. Je pense simplement que s'agissant d'enfants il convient d'être prudent. Récemment encore des parents ont été condamnés pour un régime végétalien ayant entraîné la mort de leur enfant. Si nous autre médecins faisons la différence entre végétarisme et végétalisme, nos messages ne sont pas toujours compris d'un public néophyte.
J'espère avoir répondu à vos remarques que je comprends fort bien.
Très confraternellement.
FS

Commentaire 2. (29/3/2009)


1. Dans la présentation que vous faites de votre livre, au tout début de la page, vous notez parmi les avantages du végétarisme l'apport en calcium:


Avantages du végétarisme
Les végétaux apportent beaucoup de micronutriments y compris le calcium. Contrairement aux idées reçues, ce dernier est du reste mieux absorbé dans les légumes que dans les laitages. (...)
Pourtant, dans la réponse au Dr B., vous citez comme désavantage potentiel du végétarisme un risque d'ostéoporose:
Par ailleurs comme vous le savez la maturation de l'os se fait jusqu'à l'âge de 30 ans environ et si le régime est mal compris, une ostéoporose au moment de la ménopause peut être envisagée. L'article ne fait pas mention d'une étude à 30 ans après un régime dans l'adolescence.
Ce que je notais, c'est la contradiction qu'il semble y avoir entre ces deux énoncés. Si le calcium est abondant et bien absorbé dans les végétaux, on ne voit pas trop pourquoi l'ostéoporose serait plus à craindre chez les végétariens que chez les carnivores. Le seul élément que vous apportez à l'appui d'une telle crainte, c'est l'absence d'étude qui démontre l'absence de risque. À ce compte-là, on peut considérer comme risqué de manger du chou les vendredi 13, vu que (je suppose) aucune étude n'a démontré l'absence de corrélation entre une telle pratique et la chute des cheveux vingt ans plus tard...


2. Toujours dans votre réponse au Dr B., à l'encontre du végétarisme vous affirmez encore:
Cependant dans le régime végétarien il existe un risque de carences en vitamine B12 voir parfois en fer. On peut certes suppléer mais est-il raisonnable de faire la promotion d'une alimentation qui ne se suffit pas.
Le risque de carence en B12 chez les végétariens n'est pas contestable, et implique une supplémentation. Cependant, suggérer que ce fait suffit en soi à condamner le végétarisme est une prise de position très idéologique. Il me semble légitime de contester cette prise de position, et de mettre en perspective la notion de «supplémentation» en notant en particulier que le régime carnivore semble lui aussi avoir besoin de supplémentation. Je ne vais pas répéter les arguments de mon premier mail; maintenant que je vous en ai indiqué plus clairement le sens, je vous invite à les relire; j'espère qu'ils vous sembleront plus clairs.
Cordialement,

DO

Réponse

Pour répondre à votre mail, je pense qu’il faut être prudent chez les enfants qui, contrairement à ce que croient certains, ne sont pas des adultes en miniature. Il ont leur propre psychisme et une physiologie particulière. Je ne me place pas en chercheur mais en clinicien. L’ostéoporose, les carences ne sont pas inéluctables mais possibles et je pense qu’il est du ressort du médecin nutritionniste d’appeler la vigilance des parents sur ce point. Mon livre se place dans cette perspective et nullement dans un dogme qui condamnerait telle ou telle alimentation.

Par ailleurs, étant spécialisé dans les troubles du comportement alimentaire je me méfie des modifications de l'alimentation qui impliquent d'avantage le choix des parents que celui l'enfant concerné. Vous pourrez me répondre que c'est justement ce qui fait la diversité et la richesse des cultures culinaires et vous auriez raison si le végétarisme strict ne comportait pas d'"interdits". Si l'alimentation se bornait à comptabiliser les micro et des macronutriments ingérés tout serait simple. Malheureusement ce n'est pas le cas car l'alimentation comporte une pluralité de dimensions à la fois nutritives, culturelles, émotionnelles, familiales, affectives et symboliques. Là où les connaissances alimentaires s'arrêtent, la médecine commence.
Bien à vous.
FS

Publiez vos commentaires

Mail

 


Livre