
Dans l’Europe de l’entre-deux-guerres, tandis que le fascisme s’impose, un homme, Camillo Berneri, philosophe, militant, opposé de la première heure à Mussolini, chef de file de l’anarchisme européen, pense, écrit, débat, s’engage. Il fréquente les grandes figures intellectuelles de son époque, mais connaît aussi la solitude, les désillusions.
Ce roman historique et biographique retrace les débuts de la mafia, celui du fascisme italien, de la révolution russe, ceux de la Guerre d’Espagne et de la montée du franquisme espagnol. Il est aussi un livre où l’amitié est l’arme la plus subtile et la plus ignoble de l’espionnage, où la trahison côtoie les convictions, où servir la liberté finit par asservir celui qui en est épris.
À partir du 11 mars en librairies physiques et virtuelles et en pré-commande sur le site des éditions Anfortas.
Dans les librairies physiques et virtuelles et sur Editions Anfortas
Prologue
Au début du mois d’avril 1926, Camillo s’apprêtait à donner un cours lorsqu’un de ses collègues l’avertit que le proviseur demandait à le voir.
— J’irai après la classe, rétorqua-t-il.
— Il a demandé à ce que tu passes dès ton arrivée, précisa le collègue d’un ton peu amène.
Camillo avait un peu de temps devant lui. Il arrivait toujours en avance dans les locaux pour préparer sa classe. Il monta à l’étage et frappa à la porte du proviseur.
— Entrez, fit une voix impérieuse.
Le proviseur, un homme à l’aspect rondouillard accentué par une calvitie, le laissa debout sans le prier de s’asseoir.
— Berneri ! s’exclama-t-il sans préambule. Vous n’êtes pas ici pour faire du prosélytisme anarchiste, mais pour professer l’histoire et la philosophie !
— Il me semble que Kant, Mill, Aristote ou Platon n’appartenaient pas au mouvement anarchiste, ironisa Camillo.
— Vous comprenez très bien ce que je veux dire. Plusieurs élèves se sont plaints de propos subversifs durant vos cours, notamment à propos de la liberté et du bonheur. J’ai du reste ici les notes d’un élève qui… qui… attendez que je les retrouve, oui, voilà, qui relate vos propos : « Les hommes mis en place par le peuple se retournent le plus souvent contre ce peuple qui les a mis à la tête du pouvoir et s’exonèrent eux-mêmes des lois qu’ils votent contre ce même peuple. »
— En effet, je reconnais avoir dit cela. Ce sont là les phrases de John Stuart Mill dans son ouvrage De la liberté. Même si ce ne sont pas les mots exacts, l’esprit y est.
— Je vous prie, non, je vous ordonne de cesser ce genre de propos propres à semer le doute dans les esprits quant à notre Duce, car c’est bien évidemment lui que vous visez à travers vos cours. Je ne veux pas que la jeunesse soit corrompue par des idées antifascistes dans mon établissement.
— En fait, je vise surtout la notion de bonheur, l’eudémonisme, la «vie bonne» en quelque sorte où la vertu…
— Ça suffit ! Je vous le dis solennellement une dernière fois. Maintenant, si vous ne voulez pas comprendre… Disparaissez !
Le proviseur lui fit un geste de la main comme s’il chassait un insecte.
Le lendemain, les cours de Camillo étaient terminés depuis une heure et il s’était retiré dans le bureau mis à la disposition des professeurs pour y écrire un article sur la morale et la religion. Chez lui, ses filles l’interrompaient à tout bout de champ et il ne pouvait pas suffisamment se concentrer pour avancer dans la rédaction de ses textes.
Il regarda par la fenêtre. Les feuilles des arbres jouaient avec l’air sur un fond de ciel bleu. Les petits pétales d’une fleur accrochaient les rayons d’un soleil déclinant, dernière caresse de l’astre avant la fraîcheur de la nuit. La nature elle-même est un joyau, pensa-t-il. Il eut envie de sortir, de marcher et de se laisser bercer par son murmure.
Il rassembla ses papiers et les rangea dans la sacoche en cuir que son épouse lui avait offerte pour célébrer sa titularisation. Un sentiment de reconnaissance amoureuse l’envahit. Combien de femmes auraient refusé une telle vie ! Voir les chemises noires débarquer chez elle, tout détruire, faire peur à leurs filles, être montrée du doigt partout où elle passait, ne pas savoir de quoi le lendemain serait fait et ne jamais se plaindre ! Elle faisait mieux que le soutenir dans l’adversité. En se mariant avec lui, elle avait aussi épousé ses idées et son mode de vie. Il avait à présent envie de rentrer chez lui et de lui dire combien il l’aimait.
Il sortit du lycée et remarqua deux hommes qui discutaient à quelques pas de là. Il passa devant eux et les salua d’un hochement de tête. Les deux hommes répondirent avec un faux sourire et lui emboîtèrent le pas, quelques mètres derrière lui.
Camillo s’en aperçut et accéléra la marche. Il tenta de traverser la rue comme si cette dernière pouvait constituer un obstacle quand une main pesa sur son épaule. Il ressentit un choc sur la tête, son chapeau vola dans les airs et il se retrouva au sol. Il vit les pieds d’un de ses agresseurs s’approcher de lui et perçut un choc violent dans le ventre qui lui coupa la respiration. La douleur le plia en deux et le rendit incapable aussi bien de crier que de bouger. Un autre coup de pied dans la poitrine le projeta sur le dos. L’autre homme s’approcha et lui décocha un violent coup de poing sur le visage. Sa tête résonna comme une énorme cloche. Il ressentit alors une violente douleur sur les cuisses et ouvrit les yeux pour voir l’un de ses agresseurs, une matraque à la main, s’approcher de lui et la lui mettre brutalement sous le menton pour l’obliger à le regarder.
— Dernier avertissement, fit une voix. Pense à ta famille ! lui conseilla-t-il avant de lui décocher un ultime coup de pied dans le ventre.
Mes propres citations dans ce roman
- Les femmes? Ce sont elles qui mènent le monde. Elles enfantent, elles tissent leur toile et le cas échéant, elles coupent le fil.
- Les femmes ne nous laissent que l'illusion de décider.
- L'homme tout comme le métal est susceptible d'amélioration à force de travail sur lui-même.
- L'honnête citoyen ferme toujours sa fenêtre au malheur des autres de peur qu'il n'entre chez lui.
- Lorsqu'on tente d'enfouir le passé, celui-ci resurgit toujours.
- La précipitation est ennemie de la victoire.
- L'âme est un fruit mûri au soleil de la souffrance.
- Les instincts les plus primaires se révèlent lorsqu'ils sont investis d'un pouvoir, aussi insignifiant soit-il.
- Les grandes joies flattent la vanité, tandis que les grandes douleurs sont toujours humbles.
- Il n'est pire supplice que d'assister au bonheur d'autrui pour celui qui en est privé.
- L'orgueil est ce que la mort emporte en premier.
- La prospérité profite au peuple jamais la guerre. Rien ne vaut un bon traité.
- La beauté est affaire de mode et de jeunesse, seul le charme la rend intemporelle.
La belle à la licorne dans Sucy Info
On trouve dans ce roman, intrigues, mensonges, poisons, meurtres mais aussi parfois la séduction qui balayeront bien des destinées….
La belle à la licorne dans Saint Maur Magazine
Une histoire d’amour qui sert de fil conducteur à tout le roman
La belle à la licorne dans Le Généraliste
Cette épopée est aussi une belle histoire d'amour brisée…
- Passionnée d'histoire médiévale, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire cet ouvrage. Je peux même avouer que je l'ai dévoré. Il est accessible à tous. J'ai trouvé que l'histoire est très bien organisée. Le mélange Histoire/Roman est une réussite. Je vous félicite pour nous avoir livré un superbe roman et pour tout le temps passé dans les recherches historiques. J'attends avec impatience de lire « L'épervier du roi ». Bravo et merci.
O. M.
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- Le texte est vivant. On voit évoluer les personnages. Les batailles sont saisissantes de réalisme, le maniement des armes me fait croire que vous avez pratiqué l'escrime. Les caractères des personnages, leurs intrigues donnent du souffle à cette période et à votre livre. Intrigues politiques et matrimoniales m' ont éclairée et animé ma lecture. Par les dialogues brefs j 'entends leurs voix, comme Jeanne. Seul regret, celui de ne pas voir leurs visages. Vous avez là, à mon avis, matière à un scénario de film, ou de feuilleton, comme celui de la Reine Margot ou du Malingot. Réalité historique ou roman qu' importe, le suspense demeure jusqu' à la fin. Heureuse d' apprendre que le pape Martin V fût à la base de la cessation du schisme entre Rome et Avignon, Car Martin V est un Colonna. Je vais enjoliver l' histoire familiale pour mes petits enfants! Avec mes remerciements pour ce tableau animé du Moyen Age, trés amicalement.
Marie-Claude L.
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- C'est un roman facile à lire et j'ai ressenti une grande fluidité dans la lecture. Malgré de nombreux personnages et malgré les nombreux faits historiques, nous nous baladons dans l'histoire romanesque sans se perdre. Ce roman est à conseiller pour son histoire et par la fluidité de l'écriture. En plus si vous aimez les faits historiques de cette période fort mouvementée vous serez bien servi. Dans ce roman, nous nous apercevons que l'auteur a bien pris comme cadre des faits historiques et des personnages historiques réels, ce qui me fait dire que l'auteur a dû se documenter très fortement et très sérieusement. J'ai aimé ce roman et donc je conseille de ne pas passer à côté de cette oeuvre.
JL G.
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- J'adore l'histoire en générale et bien sûr l'histoire de France – j'ai commencé le livre la Belle à la Licorne – j'adore, il est trés bien documenté – c'est vraiment très agréable à lire et cela me décontracte – bravo à vous –
D.B.
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- Je suis une lectrice passionnée de votre roman « La Belle à la licorne ». J'ai tellement aimé que j'ai même ralenti ma lecture à la fin pour faire durer encore un peu le plaisir. Félicitation pour ce très beau livre.
M. M.
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- J'ai personnellement dévoré ce livre que j'ai trouvé passionnant, dans la même lignée que les oeuvres de MM. Merle ou Naudin.
R.G.
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- Avec un soucis du détail et une magistrale documentation, dans un style pur et précis, l'auteur nous entraîne dans les couloirs et les alcôves, sur les champs de bataille ou encore dans un recoin lorsque deux puissants réalisent un tête à tête décisif. Il y décrit l'acte d'amour et celui de bravoure avec un même bonheur.
L. G.
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- Un vrai plaisir. Un magnifique roman qui me donne l'envie de relire l'Histoire de France avec un oeil neuf.
M.M.
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- Un roman qui captive le lecteur et l'interroge sur la consistance de la vérité historique. Très bien documenté, ce livre a toutes les qualités d'un roman. Il nous fait entrer dans l'intimité de grands seigneurs durant la guerre de cent ans et nous fait mesurer la minceur des évènements qui ont fait balancer la couronne ente deux princes dont le plus méritant n'était peut-être pas le vainqueur. Histoire, jusqu'où feras-tu rêver les romanciers ?
B. H.
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- Je me suis régalé. J'ai aimé le riche fond historique et la vision audacieuse du parcours de Jeanne d'Arc.
G.R.

Bonjour Franck, ravie de retrouver dans un nouvel écrit. La date est notée.
Au plaisir
Sylvie
Merci Sylvie ! Tu me diras, tes impressions sont importantes pour moi.